Après 3 semaines à bord, nous avons bien pris nos repères et sommes en plein voyage. Que ce soit le bateau, le rythme de la famille, le rythme de nos escales etc. Nous commençons à nous connaitre (en voyage tous ensemble toute la journée) de mieux en mieux.
Un voyage en bateau, c’est vraiment comme un road trip en mieux encore parce qu’évidemment on navigue. Nos journées de nav, on est tous d’accord sur ce point, ce sont les meilleures. Réveil à 5h30 du matin et à 6h00 au levé du soleil, on remonte l’ancre. On part au moteur dans la lumière naissante et une fois que le cap est mis sur notre destination on prend notre petit déjeuner. Un instant magique ou tout le monde est en forme, où les langues se délient
Pendant les escales, nous découvrons les Antilles et leur fonctionnement, c’est un archipel tellement varié, chaque ile a son caractère, son paysage et son identité.
Depuis notre départ, nous avons été sur 4 îles et fait 11 mouillages différents dont j’ai bien envie de vous parler pour raconter, mettre des mots, ne pas oublier. On dessine aussi, chacun dans notre livre de bord ce que l’on voit pour essayer d’extraire une goutte de la beauté que l’on vit.
Saint-Martin
À Saint-Martin d’abord, on a eu une météo de folie, un accueil plutôt hostile pour le début du voyage. Des pluies torrentielles, avec des grains avec 30 à 40 nœuds de vent et donc des mouillages relativement flippant, le tout dans une mer turquoise et un paysage de carte postale, plage déserte de sable blanc et cocotier. Iles des contrastes, donc. À l’image de son paysage, l’ambiance. Nous sommes arrivées mardi 10 décembre et le jeudi 12 des émeutes éclataient. Alors que nous nous « battions » dans notre petite coque de 13m pour ranger bagages et épicerie, nous apercevions à terre des fumées noires pendant qu’éclatait des « pétards ». Ce n’est que quelque jours plus tard, arrivé à Anse Marcel que nous avons compris ce qu’il ce passait l’île (coté Français, était complètement bloquée, en état urgence, cumulant émeute et blocage des routes. Effectivement la métropole venait d’annoncer le Plan de Protection des Zones à risques tant attendu après Irma ( le cyclone qui avait ravagé 90% de l’île en septembre 2017) et ce Plan proposait de rendre inconstructible toutes les zones inondables (et insalubres) ou la majorité de la population pauvre est installé depuis des siècles. CPour ses occupants, c’était inacceptable sachant que la France ne propose aucune alternative à ces petits propriétaires qui ont déjà reconstruit avec les moyen du bords leur logement. En bref, une guerre de pouvoir entre les riches blancs qui sont installés sur les hauteur et les pauvres noirs en bas. N’étant pas encore en mesure d’estimer la violence des émeutes nous sommes donc resté à bord la majeure partie du temps alternant plongées sous marine, plage et vie du bord. C’est « radio ponton » qui nous a informé de ce qu’il se passait réellement sur l’île.




10 jours après notre arrivée nous sommes retourné à Marigot Bay pour accueillir Mag, ma cousine qui venait passer Noël avec nous. Avec Vincent, notre super skipper officiel, nous avions déjà décidé de ne pas aller aux Iles vierges étant donné la distance et la météo prévu. L’aller au portant se fait très bien tandis que le retour peut être très très long : 80 miles face au vent (souvent beaucoup) avec des creux de 2à3m. Une nav qui peut durer une trentaine d’heures au moteur. Bref, nous ne bous sentions pas près de faire des nav de nuits comme première traversée familiale, ne sachant pas non plus comment notre nouvelle équipière réagirait.
Dès le lendemain, nous sommes parti pour Saint-Barth, au bon plein, avec des pointes à 30 nœuds de vent de des creux de 2 m, bien heureux de s’engager dans une nav de 15 miles plutôt que 80 avec une équipière qui passait du vert au rouge selon la distance à laquelle elle se trouvait du sceau!
Saint-Barthélemy
Premier mouillage, Pointe Colombier, une réserve naturelle extraordinaire. Après 5 tours sur nous même, une gaffe de perdu et des insultes qui volait entre l’avant et l’arrière du bateau, nous arrivons enfin à prendre notre coffre. (C’est clair il faut qu’on s’entraine! Et qu’un enfant relais ce que l’on dit au centre du bateau). Enfin le jeu en valait la chandelle, nous sommes mouillé au dessus d’un spot de plongé extraordinaire, où il suffit de mettre la tête dans l’eau pour apercevoir des dizaine d’espèce d’animaux, (tortue, raies, requins). C’est préservé au point que nous ne soupçonnons absolument pas ce que cache Saint-Barth. Le paysage nous rappelle l’Écosse ou la Méditerrannée, la roche rouge avec une végétation extrêmement sèche écourté par le vent et les tempête, broutée par des cabris.


Et derrière le bout de l’anse, nous apercevons les cheminée des plus gros yacht de la planète. C’est le Disneyland des yacht à moteur dans ce paradis fiscal qu’est Saint-Barth. Les uns ont des tobogans géant permettant de glisser directement dans l’eau, d’autres ont leur hélico sur le pont, certains, ont vedettes à moteur, voilier et hélico sur le pont ou encore une annexe d’une vingtaine de mètres avec tous les joujous à bords. Arrivé à Gustavia, nous entrons donc dans le monde de l’argent et de la débauche, magasin de luxe, matuvu en veux tu en voila. Saint-Barth est la seule iles où il n’y a pas de noirs, une des raisons pour laquelle, les plus riches du monde auraient élus domicile pour passer leurs vacances, le racisme fédère apparement ces gens-là. Gustavia est cependant une petite ville très belle installée dans la topographie, ou se chevauchent une succession de toits rouges formant des espaces publics ombragés et de très belle qualité,



Nous sommes accueillis chez Jacques Samani, un dans sa splendide maison avec piscine a débordement et vue à 270 degrés, la vue est exceptionnel, tout est d’un luxe inhabituel, nous nous sentons comme une bande de romano avec nos enfants qui font des bombes dans la piscine et qui la font évidemment déborder du mauvais coté! Saint-Barth est un cailloux, chaque maison est construite sur une réserve d’eau de pluie récoltée par son toit. Si l’eau vient à manquer le mètre cube est vendu 200$ et livré par mini camion-citerne depuis le port. L’électricité est produite par une géant groupe électrogène dépendant donc de la livraison du pétrole. Une coiffeuse propose un brushing à 300$ et peu avoir un pourboire de 250$. Autant vous dire que Saint-Bath est l’ile des excès de la sociétè capitaliste, où les plus riches sont venus s’isolé de la masse et s’exonérer du poids de la société et de ses impôts. Un passage rapide, nous suffit. Cap au sud pour Saint-Kitts et Nevis.





Une superbe nav qui nous réconcilie avec les canaux, nous sommes au travers, visons Statia, une ile volcanique et avançons à 8 nœuds. Nous longeons ensuite Saint-Kitts sous le vent pour voir apparaitre l’ile ronde de Nevis dominé par son volcan et son nuage.
Nevis
Nevis, je vais vous la faire courte parce qu’il n’y a pas grand-chose à raconter. Mis à part la rencontre avec Monique la dame de la clearence mais ce chapitre je le laisse a Vincent. L’eau est chaude, le sable est blanc, bon comme partout aux Antilles. Il y a cependant un très beau volcan qui domine cette grande plage mais les gens ne sont franchement pas accueillant et nous ne faisons aucune rencontre. Les espaces publics sont grillagés, et morceller, de sorte que la promenade est rendu presqu’impossible. Le fossé est immense encore une fois entre la population locales et les touristes occidentaux qui viennent buller à la plage et faire du manège sur l’eau (ski nautique, « fusée » aquatique…). Nous squattons deux transat une après midi et déposons discrètement notre poubelle à coté de la piscine à bulle, encore cette petite sensation grisant d’être le romano, mais si libre!
Nous achetons nos fruit et légumes au marché local, ca c’est le bon coté des choses et dégustons pour noël notre première bonnite accompagné d’un punch au jus de maracuja frais, miam.
Antigua
Ahhh, Antigua, notre très gros coup de coeur. L’île est grande, variée et super invitante. Nous longeons la cote sous le vent et avons envie de s’engouffrer dans toutes les baies que nous dépassons. Nous allons un peu vite droit au but dans un magnifique lagon fermé par la barrière de corail au Vent (ce qui nous vaut un A/R à Jolly Harbour pour aller faire la clearence le lendemain).
Nous atterrissons donc pour notre première escale à Great Bird Island. En quelques mots parce que rien ne pourrait résumer cet endroit si idyllique : des raies, de l’eau translucide, un horizon à 360 degrés et du corail. Et en plus des copains, les Freestyle, une première famille rencontré avec 3 enfants de 6 à 9 et donc des bons apéro-sunset partagé pendant que les enfants font des plongeons autour du bateau.

Jolly Harbour, un air de bay d’Along miniature prologé d’un port naturellement découpé m’évoquant la Hollande avec des centaine de maison donnant sur l’eau et son ponton.

English Harbour, la mecque du yachting à l’anglaise, un abris naturel fortifié par les anglais en 1750 et restauré il y a 20 ans, une beauté de la pierre mélé au paysage.




Trois décors si différents sur une même île, nous pourrions y rester encore plusieurs semaines, mais l’appel du large ce fait sentir nous larguons les ammares le 2 janvier. cap sur la Guadeloupe!



Bonne année à tous!

Ça fait une dizaine de jour que j’essai de poster cet article… Manque de connexion, vent, manque de 220v… Bref, les news arriverons en décalées selon les aléas des connexions possibles (avec plus ou moins de photos…)! Nous avons donc bien avancé depuis et nous sommes en Guadeloupe.






Merci Fanette de nous faire partager vos aventures
On dirait que les Antilles ont bien changé depuis que nous y faisions nos premières armes de médecin dans les années 70 ! Si vous allez à la Désirade vous aurez une pensée pour Yves qui y fut le médecin de l’île pendant quelques mois. On serait ravis d’un petit reportage …idem aux Saintes où on a passé quelques week end de rêve.
Mille baisers et tous nos voeux pour la suite de votre périple.
Dom et Yves
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Coucou Dom, nous sommes justement aux saintes depuis une semaine, le coup de vent nous a fait la vie dure à bord, mais le calme est revenu et venons de fêter l’anniv de Marin à l’îlet cabrit avec 2 bateaux copain agrémenter de tourment d’amour et de punch maracuja. Nous irons peut être à la Désirade en mars quoique, les abris sont presque inexistants pour les voiliers. Un gros coup de cœur pour les Saintes malgré les conditions, un archipel hors du temps de toute beauté.
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Plein de bisous de Montréal enneigé!;) Merci pour ces photos et commentaires qui nous font voyager à distance! Et bonne année à toute la familia!
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Génial de lire le récit des îles visitées avec vous, et de rêver aux suivantes que vous arpentez depuis que j’ai quitté le bord des Nanouk ! Bravo, vous êtes trop forts ! Je suis revenue pleine d’énergie de ces jours avec vous, je crois que votre dynamisme est contagieux. C’est vrai quoi, quand il y a un problème, c’est qu’il y a une solution ;-)))
Mag l’équipière qui passe du vert au rouge
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