Ce sont ces trois mammifères marins qui ont choisi de nous faire signe sur les derniers jours de notre périple. Les dauphins entre les Anses d’Arlet et Saint-Pierre. Dès que l’un de nous en aperçoit un à bord, l’excitation embarque sur notre canot, c’est fou la puissance de ces rencontres avec les habitants de la mer. Les orques, c’est en partant de Guadeloupe vers Antigua au petit matin, après un début de nav à 4h30 du matin, l’aube qui s’installe, Marin dit avoir vu un gros dauphin, ce sont finalement quatre orques majestueux qui s’offrent en spectacle. Et les cachalots, le souffle orienté qui les distingue des baleines, en couple, ils restent à la surface plusieurs longues minutes, nous les apercevons de tout leur long, quelle magie de cohabiter l’espace d’un instant avec eux, jusqu’à ce qu’ils sondent et nous dévoilent leur gigantesque nageoire caudale.

Bien sûr on se croyait, loins, épargnés, ailleurs, dans une bulle savoureuse en dehors de la société civilisée infectée par le coronavirus. Mais nous appartenons à la même gang, nous sommes gérés par les même gouvernements, nous sommes français et résidents canadiens, à l’extérieur du pays pour 4 mois seulement. Notre vie actuelle se trouve à Montréal. Nous avons suivi comme vous l’évolution du virus. Une fois qu’il est arrivé sur les îles, nous avons vus les ports se fermer, les plages être interdites, les clearances bondées, les bateaux en attente, les avions annulés, les frontières fermées, etc… Notre vol retour a été annulé et les possibilités de retour au Québec semblent s’évaporer au fil des jours. Vincent a trouvé des billets le 21 mars depuis Fort-de-France.
Evidemment le confinement ne nous fait pas peur, nous sommes rodés, mais l’horizon va nous manqué. Cet horizon tous les jours différent, rose, orange, turquoise, bleu, gris, violet, blanc ou argenté. Cet horizon montagneux, scintillant, nuageux. Cet horizon découpé, habité, cultivé, sauvage. Cet horizon jamais fixe, vivant, avec ses vagues, ses habitants et ses bruissements. Cet horizon plein d’inconnus et de découvertes, d’envies d’aller plus loin. Cet horizon où chaque mat est un potentiel copain.

Nous allons devoir rentrer.
10 jours avant notre retour prévu, de manière précipitée et un peu acrobatique, 180 miles à parcourir vers le sud afin de se rendre à l’aéroport qui voudra peut être bien nous renvoyer au Québec en quarantaine.
Un voyage un peu tronqué, qui nous confirme juste que l’on veut en organiser un autre plus long, plus loin à travers les océans. Parce que notre soif n’est pas étanchée, c’était un beau galon d’essai! Parce que c’est tellement bon d’être en famille en voyage, parce que les enfants grandissent sous nos yeux (et nous emmerdent toujours autant certes mais ça, ce sont les enfants quelqu’ils soient), parce que toute la famille y trouve son compte. Quelle plénitude!

Les enfants en mer, ils apprennent que la nature est plus forte qu’un caprice, ils participent aux manoeuvres, s’orientent et font la route, ils s’expriment avec des adultes, ils font à manger et font la vaisselle (bon ok, il faut leur répéter 10 fois, mais ils le font!) Ils nagent, plongent, savent reconnaitre tous les types de bateaux que l’on croise, les poissons que l’on voit et les coraux. Mais surtout il savent que tout peut changer, qu’une rencontre, une discussion, une prévision météo ( ou un virus) peut faire basculer tous les plans et ils s’adaptent. Ce qui est absolument chouette, c’est d’avancer sur un bateau, notre repère qu’ils connaissent par cœur et sur lequel ils sont totalement à l’aise. C’est un petit environnement bien confiné à leur échelle où chaque chose à sa place, chaque bruit à son sens, chacun à son rôle.



Nous sommes en nav pour la Guadeloupe, tout le monde dort à la gite. Lou par terre dans sa cabine! Je suis de veille dans le cockpit, le vent est Nord-Est, il y a 13 nœuds, nous avançons à 6,5 nœuds au près, moins d’un mètre de houle, ciel dégagé à environ 20 miles au nord de la Guadeloupe. Superbe nav. Nous allons chercher Olivier, le propriétaire du bateau pour rentrer à Fort de France et prendre l’avion……










La vue d’un chalet est aussi très agréable ! Bon retour!
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