Alors nous voilà comme vous tous confinés, après un retour sans transition, sans atterrissage dans la gestion de la famille, de 30 à -10 degrés, du dehors au-dedans, du mouvement au statique, de l’ouverture à l’introspection, de la convivialité à l’isolement, des possibles à la contrainte, de la liberté au confinement. des embruns de la mer à la fonte des neiges, du voyage à la voile à la quarantaine au chalet.


Nous sommes des âmes grégaires.
Si en bateau nous vivons dans le confinement familiale, il n’a rien de contraint, il est choisi, il est volé à la tourmente de la société, il est précieux et rare. Ce calme, cet état d’être là, au bon moment au bon endroit avec les êtres que l’on aime le plus au monde. Ce luxe que l’on s’offre en voyage, cette perle rare extraite de la société de consommation, de la circulation, de nos villes polluées, cette perle qui nous dévoile tous les jours des nouveaux paysages, nous offre de nous connaitre de mieux en mieux dénué du regard des autres et des étiquettes que nous appose notre société.






Le voyage génère la rencontre, alors que nous sommes seuls sur notre minuscule coque au milieu de l’océan, c’est dans les plus petit mouillage que nous rencontrons souvent du monde. Nous nous reconnaissons très vite, les pavillons français surtout dans les eaux anglophones sont les proies des enfants qui sortent presque les jumelles à l’arrivée dans un mouillage. Paddle sorti + pavillon français = copains. Les premiers que nous rencontrons, c’est Freestyle, tranquille au mouillage à Great Bird Island, nous nous faisons aborder par une famille, presque hystérique de croiser une autre famille de français. Ca fait 5 mois qu’ils voyagent et ils nous montrent vite comment ça se passe entre bateaux voyageurs. Le mode d’emploi est simple, abordage en annexe et apéro sont les outils de la rencontre ! On a beau croisé beaucoup moins de monde que dans notre quotidien urbain, on rencontre beaucoup plus de monde. Chaque rencontre est une histoire, un choix de voyage, un choix de bateau, un projet de vie, chacun à sa manière, il n’y a pas LA bonne recette, le meilleur voyage est celui qui te colle à la peau. C’est assez génial de naviguer entre tous ces rêves. Si on est là, ici et maintenant, c’est par choix, par amour de la mer, de la voile et du voyage et si l’éventail de copains que l’on rencontre est hyper large, ce point commun nous réunis tous.
Après les Grenadines, nous remontons tout l’arc Antillais avec au programme, une escale dans chaque mouillage que nous avons adorés, ceux où nous n’avons pas pu aller à l’aller et l’inévitable escale au Marin et à Sainte-Anne pour faire l’avitaillement, l’eau, le gazoil et les réparations. La Martinique, c’est un peu le retour au berceau pour les voyageurs français, c’est là où tu retrouves tous les bateaux copains rencontrés au nord ou au sud des Antilles. Cette semaine-là, la première de mars, c’est l’explosion de rencontre, chaque jour nous mouillons sans le faire exprès à coté d’un bateau copain. Au mouillage à l’Anse Caritan, on aperçoit Pura Vida, Christian et Chantal viennent boire l’apéro. Le lendemain devant la plage de Sainte-Anne, on croise Blue Wave, le bateau copains a coté de qui on a mouillé peut être 10 fois sans jamais se prévenir de notre itinéraire! Le sur lendemain c’est Pikou Ponez à Anse Chaudière.
Et le 7 mars, c’est la fameuse rencontre de la Super Team organisée par Michèle Rollin, enseignante d’une classe de CM1 à l’école du bourg des Anses d’Arlets en Martinique. Michèle est à l’initiative d’un blog où les enfants voyageurs à la voile racontent leur voyage avec leurs mots dans une correspondance avec les enfants de sa classe. C’est magique. Cette rencontre à lieu quelques jours avant l’annonce du confinement et prend encore plus de sens et de force dans le contexte actuelle.

Nous sommes pas moins de 14 bateaux. Une quarantaine d’enfants d’horizon divers et variés, vivent à bord d’un voilier, sont en voyage pour plusieurs mois, font l’école à la maison et rencontrent des enfants du monde entier. C’est super émouvant, chaque enfant présente son bateau, sa famille, son voyage. Avant la vrai rencontre, jeu et super gouter jusqu’au couché du soleil ! Un article sur cette folle journée ici !
En quelques mois, nous avons rencontré pleins de voyageurs au fil de nos escales. Pour ceux que ça intéressent d’aller lire leurs aventures, je mets ici les liens vers leur blog pour ceux qui en ont un.
John et Déborah àAnse Marcel, Romain et Thibault à Happy Bay, Free style à Antigua, Pierre Teillac et Jacques Samani à Gustavia, Flo, moniteur de plongée copains de Stéphane à Malandure, Mafaso aux Saintes, Jad à anses Mire, Noix de coco à Ilet Cabri, Jenny et Guillaume à Grande Anse, Catherine et Jean de Tikata à Sainte-Anne, Blue Wave à Marigot Bay, Octopus Five (Pauline, Nico, Louise, Martin et Valentine) à Deux Pitons, Blue Note (Bernard, Vero, Raphael, Romane) à Mustique, Marie à la pizzeria de Union, Bruno à St-George Grenade et Tous les Hasher, Zoma (Mélaine) à Marina Port Louis, Bulles (Yann et Fred) à Hog Island, Christian et Chantal de Pura Vida à Hog Islan, Pikou Ponez (Agnes, Vennec et Louise) à Hog Island, Manu et Nath à Cariacou, Tyrell bay, Yann et Aurélie de Ophélia au Tobagos, Marco à Saint-Joseph en Martinique, Another Way (Alexandra, Léo et Lucas) à Saint-Pierre, Cata Profité, Les Boutavent, et Michèle et sa classe de Petite Anse, Jean-Louis Rouvilain et Françoise et bien sur Avae Reva,Camille, Olivier, Romane et Colin.
Ôde à la rencontre!
Et puis la rencontre c’est aussi celle des animaux, des rencontres puissantes !
Les oiseaux, Pélicans, fou de bassant, sterne, frégate, paillenqueu.
Les poissons de récif, Murène, diodons de roche, chirurgiens.
Les tortues et les raies. On les voit si souvent, on nage avec les tortues, on suit les raies, ces êtres que l’on croyait si loin si inaccessible s’avère proche, gracieux, accueillant et nous tolère dans leur environnement immédiat.
Les grands mammifères des océans, dauphins, orques, cachalot.
Ça fait maintenant un an que nous sommes partis, l’occasion de publier ce dernier article oublié entre une tété, un cours de maths et une installation dans l’espace public !
Et depuis, que le monde a changé. Quelques images, pensées, sensations et frissons de voyage pour se rappeler que tout ça n’est pas si loin. Amis voyageurs, je souhaite à tous de pouvoir très vite retrouver ces possibles, ces rencontres et cette liberté.












Encore plus sympa à recevoir au mois de décembre à Paris et en plus confinés. Vive la liberté et merci Nanouk
J’aimeAimé par 1 personne
merci les zamis pour ce récit tellement beau et bien écrit.Ça met une petite gifle qui fait du bien.
J’aimeJ’aime