Mis en avant

Et puis partir…!

J-7

Comme beaucoup d’entre vous le savent, c’était un de nos rêves avec Vincent de partir en famille en bateau. On s’était dit en 2015 avec 2 enfants, un tour de l’Atlantique au départ de la France une année ou deux, ca sera finalement en 2019 avec 3 enfants, un tour des Antilles au départ du Québec pour 4 mois. La vie n’est pas linéaire, heureusement, on fait des plans sur la comète et puis ça bouge, enfin quand tu as une vision claire, qu’elle te prend aux trippes, un jour ou l’autre le projet voit le jour.

Le 12 février dernier, un soir d’hiver, en rentrant du chalet, on apprend qu’on attend notre 3ème bébé. Première réaction (nous deux): « On est complètement fous!  »

Deuxième réaction (Vincent quelques jours plus tard) : « Et si on en profitait pour partir en voyage…! » Moi qui m’imaginais faire une pause dans nos vies de ouf au quotidien, avoir un congé mat de 1 an tranquille à la maison avec mon petit 3ème, faire du cardio poussette au parc Lafontaine et aller chercher les enfants à 3h30 de l’après midi en bonne mère au foyer, franchement, il m’a pris de court! Bon il ne m’a pas fallu trop de temps pour chambouler mon plan dans ma tête, quoique… D’abord s’imaginer au soleil, tous ensemble sur un bateau à faire des plongeons dans l’eau turquoise et boire des rhums au coucher du soleil, puis s’imaginer à la gite par 30 noeuds de vent, avec une bébé qui pleure, un enfant qui vomit et l’autre qui fait un caprice. Puis faire l’école à la maison, donner la tété, faire la nav et les manoeuvres, réparer un moteur, préparer la bouffes, donner le bain, faire les courses… Bref de mon plan mère au foyer toute pénard je me projetais dans un tourbillon de folie. Mais un tourbillon de vie, de bonheur et d’amour. Et il n’y a que Vincent sur terre avec qui je peux faire ça. C’était un peu (beaucoup) du délire comme idée, c’était fou, mais j’ai dit oui!

Alors voilà, 9 mois plus tard Timaël est né, yihaaaaa! Il est magnifique et évidemment on est totalement gaga. Et nous voilà dans les préparatifs : passeports, école à la maison, matos de puériculture, musique, maillot de bain, location d’appart, location de bateau, installation du logiciel de nav, création d’un blog, faire part de naissance, rdv de médecin, dentiste, opticien, billet d’avion, rachat de franchise, fermeture du chalet, transfert de courrier… bref la todo est très longue vous vous en doutez, mais dans quelques jours, elle aura disparu, au profit de l’instant présent.

Le départ est prévu le 10 décembre 2019, depuis Saint-Martin. Je fais notre premier article pour notre blog. Parce que « un voyage ça se partage » (Nom du blog de Caro Henry pour son tour du monde en 2016), et que vous êtes nombreux à nous l’avoir demander. Et puis aussi parce qu’on s’est inspiré du blog de plein de familles voyageuses et que suivre les copains, ça fait voyager et ça fait réver. On s’inspire en premier lieu des Avae Reva (on nomme les copains par le nom de leur bateau) qui nous loue leur bateau pendant qu’ils iront en Nouvelle-Zélande d’où vient le titre de l’article « Et puis partir…! »

Avae Reva sur le Lac Champlain

Avae Reva, c’est l’histoire d’une rencontre, la toute première de notre voyage. Camille , Olivier, Colin et Romane sont partis en juillet 2018 sur Avae Reva https://etpuispartir.com/, et 10 minutes avant de rentrer au Québec en février dernier, nous les avons rencontrés sur le quai de Grande Anse en Martinique alors que notre projet s’installait dans nos têtes. Après quelques minutes de discussion nous avions esquissé le plan d’une retrouvaille au Québec et d’une location de leur bateau de voyage tout prêts pour une famille lors de leur séjour en Nouvelle Zélande. Fou!

Quelques skype plus tard le projet était ficelé et nous nous sommes retrouvé sur le Lac Champlain pour une prise en main anticipé à quelques milliers de milles de notre mouillage de départ!

Prise en main du bateau fin aout aux Etats-Unis, sur le Lac Champlain

« Seules les montagnes ne se rencontrent pas! »

Enfin voilà, j’ai peut être un dernier mot à rajouter, pourquoi le voyage de Nanouk? Parce que c’est le deuxième prénom de Timaël, qui veut dire ours polaire en inuit, parce que nous vivons à Montréal plus proche de la banquise que des lagons d’eau turquoise, parce que nous quittons l’hiver, la neige, le blanc pour rejoindre le sud. La migration saisonnière d’une famille ours!

# Ôde à la rencontre, 24 mars 2020

Alors nous voilà comme vous tous confinés, après un retour sans transition, sans atterrissage dans la gestion de la famille, de 30 à -10 degrés, du dehors au-dedans, du mouvement au statique, de l’ouverture à l’introspection, de la convivialité à l’isolement, des possibles à la contrainte, de la liberté au confinement. des embruns de la mer à la fonte des neiges, du voyage à la voile à la quarantaine au chalet.

Dernier jour… les enfant tellement dans leur éléments, mais… les frontières ferment, on rentre!
Départ tellement précipité après 36h de nav avec Olivier, le propriétaire du bateau et mon père. Des au revoirs dans un air de fin du monde à l’anse du bout blanc à Trois-ilets. Pas un bruit, des attestation de sorti trempées…

Nous sommes des âmes grégaires.

Si en bateau nous vivons dans le confinement familiale, il n’a rien de contraint, il est choisi, il est volé à la tourmente de la société, il est précieux et rare. Ce calme, cet état d’être là, au bon moment au bon endroit avec les êtres que l’on aime le plus au monde. Ce luxe que l’on s’offre en voyage, cette perle rare extraite de la société de consommation, de la circulation, de nos villes polluées, cette perle qui nous dévoile tous les jours des nouveaux paysages, nous offre de nous connaitre de mieux en mieux dénué du regard des autres et des étiquettes que nous appose notre société.

Le voyage génère la rencontre, alors que nous sommes seuls sur notre minuscule coque au milieu de l’océan, c’est dans les plus petit mouillage que nous rencontrons souvent du monde. Nous nous reconnaissons très vite, les pavillons français surtout dans les eaux anglophones sont les proies des enfants qui sortent presque les jumelles à l’arrivée dans un mouillage. Paddle sorti + pavillon français = copains.  Les premiers que nous rencontrons, c’est Freestyle, tranquille au mouillage à Great Bird Island, nous nous faisons aborder par une famille, presque hystérique de croiser une autre famille de français. Ca fait 5 mois qu’ils voyagent et ils nous montrent vite comment ça se passe entre bateaux voyageurs. Le mode d’emploi est simple, abordage en annexe et apéro sont les outils de la rencontre ! On a beau croisé beaucoup moins de monde que dans notre quotidien urbain, on rencontre beaucoup plus de monde. Chaque rencontre est une histoire, un choix de voyage, un choix de bateau, un projet de vie, chacun à sa manière, il n’y a pas LA bonne recette, le meilleur voyage est celui qui te colle à la peau. C’est assez génial de naviguer entre tous ces rêves. Si on est là, ici et maintenant, c’est par choix, par amour de la mer, de la voile et du voyage et si l’éventail de copains que l’on rencontre est hyper large, ce point commun nous réunis tous.

Après les Grenadines, nous remontons tout l’arc Antillais avec au programme, une escale dans chaque mouillage que nous avons adorés, ceux où nous n’avons pas pu aller à l’aller et l’inévitable escale au Marin et à Sainte-Anne pour faire l’avitaillement, l’eau, le gazoil et les réparations.  La Martinique, c’est un peu le retour au berceau pour les voyageurs français, c’est là où tu retrouves tous les bateaux copains rencontrés au nord ou au sud des Antilles. Cette semaine-là, la première de mars, c’est l’explosion de rencontre, chaque jour nous mouillons sans le faire exprès à coté d’un bateau copain. Au mouillage à l’Anse Caritan, on aperçoit Pura Vida, Christian et Chantal viennent boire l’apéro. Le lendemain devant la plage de Sainte-Anne, on croise Blue Wave, le bateau copains a coté de qui on a mouillé peut être 10 fois sans jamais se prévenir de notre itinéraire! Le sur lendemain c’est Pikou Ponez à Anse Chaudière.

Et le 7 mars, c’est la fameuse rencontre de la Super Team organisée par Michèle Rollin, enseignante d’une classe de CM1 à l’école du bourg des Anses d’Arlets en Martinique. Michèle est à l’initiative d’un blog où les enfants voyageurs à la voile racontent leur voyage avec leurs mots dans une correspondance avec les enfants de sa classe. C’est magique. Cette rencontre à lieu quelques jours avant l’annonce du confinement et prend encore plus de sens et de force dans le contexte actuelle.

Nous sommes pas moins de 14 bateaux. Une quarantaine d’enfants d’horizon divers et variés, vivent à bord d’un voilier, sont en voyage pour plusieurs mois, font l’école à la maison et rencontrent des enfants du monde entier. C’est super émouvant, chaque enfant présente son bateau, sa famille, son voyage. Avant la vrai rencontre, jeu et super gouter jusqu’au couché du soleil ! Un article sur cette folle journée ici !

En quelques mois, nous avons rencontré pleins de voyageurs au fil de nos escales. Pour ceux que ça intéressent d’aller lire leurs aventures, je mets ici les liens vers leur blog pour ceux qui en ont un.

John et Déborah àAnse Marcel, Romain et Thibault à Happy Bay, Free style à Antigua, Pierre Teillac et Jacques Samani à Gustavia, Flo, moniteur de plongée copains de Stéphane à Malandure, Mafaso aux Saintes, Jad à anses Mire, Noix de coco à Ilet Cabri, Jenny et Guillaume à Grande Anse, Catherine et Jean de Tikata à Sainte-Anne, Blue Wave à Marigot Bay, Octopus Five (Pauline, Nico, Louise, Martin et Valentine) à Deux Pitons, Blue Note (Bernard, Vero, Raphael, Romane) à Mustique, Marie à la pizzeria de Union, Bruno à St-George Grenade et Tous les Hasher, Zoma (Mélaine) à Marina Port Louis, Bulles (Yann et Fred) à Hog Island, Christian et Chantal de Pura Vida à Hog Islan, Pikou Ponez (Agnes, Vennec et Louise) à Hog Island, Manu et Nath à Cariacou, Tyrell bay, Yann et Aurélie de Ophélia au Tobagos, Marco à Saint-Joseph en Martinique, Another Way (Alexandra, Léo et Lucas) à Saint-Pierre, Cata Profité, Les Boutavent, et Michèle et sa classe de Petite Anse, Jean-Louis Rouvilain et Françoise et bien sur Avae Reva,Camille, Olivier, Romane et Colin.

Ôde à la rencontre!

Et puis la rencontre c’est aussi celle des animaux, des rencontres puissantes !

Les oiseaux, Pélicans, fou de bassant, sterne, frégate, paillenqueu.

Les poissons de récif, Murène, diodons de roche, chirurgiens.

Les tortues et les raies. On les voit si souvent, on nage avec les tortues, on suit les raies, ces êtres que l’on croyait si loin si inaccessible s’avère proche, gracieux, accueillant et  nous tolère dans leur environnement immédiat.

Les grands mammifères des océans, dauphins, orques, cachalot.

Ça fait maintenant un an que nous sommes partis, l’occasion de publier ce dernier article oublié entre une tété, un cours de maths et une installation dans l’espace public !

Et depuis, que le monde a changé. Quelques images, pensées, sensations et frissons de voyage pour se rappeler que tout ça n’est pas si loin. Amis voyageurs, je souhaite à tous de pouvoir très vite retrouver ces possibles, ces rencontres et cette liberté.

Le voyage de Nanouk

Dauphins, orques et cachalots!

Ce sont ces trois mammifères marins qui ont choisi de nous faire signe sur les derniers jours de notre périple. Les dauphins entre les Anses d’Arlet et Saint-Pierre. Dès que l’un de nous en aperçoit un à bord, l’excitation embarque sur notre canot, c’est fou la puissance de ces rencontres avec les habitants de la mer. Les orques, c’est en partant de Guadeloupe vers Antigua au petit matin, après un début de nav à 4h30 du matin, l’aube qui s’installe, Marin dit avoir vu un gros dauphin, ce sont finalement quatre orques majestueux qui s’offrent en spectacle. Et les cachalots, le souffle orienté qui les distingue des baleines, en couple, ils restent à la surface plusieurs longues minutes, nous les apercevons de tout leur long, quelle magie de cohabiter l’espace d’un instant avec eux, jusqu’à ce qu’ils sondent et nous dévoilent leur gigantesque nageoire caudale.

Cachalots à l’horizon!

Bien sûr on se croyait, loins, épargnés, ailleurs, dans une bulle savoureuse en dehors de la société civilisée infectée par le coronavirus. Mais nous appartenons à la même gang, nous sommes gérés par les même gouvernements, nous sommes français et résidents canadiens, à l’extérieur du pays pour 4 mois seulement. Notre vie actuelle se trouve à Montréal. Nous avons suivi comme vous l’évolution du virus. Une fois qu’il est arrivé sur les îles, nous avons vus les ports se fermer, les plages être interdites, les clearances bondées, les bateaux en attente, les avions annulés, les frontières fermées, etc… Notre vol retour a été annulé et les possibilités de retour au Québec semblent s’évaporer au fil des jours. Vincent a trouvé des billets le 21 mars depuis Fort-de-France.

Evidemment le confinement ne nous fait pas peur, nous sommes rodés, mais l’horizon va nous manqué. Cet horizon tous les jours différent, rose, orange, turquoise, bleu, gris, violet, blanc ou argenté. Cet horizon montagneux, scintillant, nuageux. Cet horizon découpé, habité, cultivé, sauvage. Cet horizon jamais fixe, vivant, avec ses vagues, ses habitants et ses bruissements. Cet horizon plein d’inconnus et de découvertes, d’envies d’aller plus loin. Cet horizon où chaque mat est un potentiel copain.

Marin en paddle sous la ligne d’horizon de Great Bird Island, Antigua, le 16 mars.

Nous allons devoir rentrer.

10 jours avant notre retour prévu, de manière précipitée et un peu acrobatique, 180 miles à parcourir vers le sud afin de se rendre à l’aéroport qui voudra peut être bien nous renvoyer au Québec en quarantaine.

Un voyage un peu tronqué, qui nous confirme juste que l’on veut en organiser un autre plus long, plus loin à travers les océans. Parce que notre soif n’est pas étanchée, c’était un beau galon d’essai! Parce que c’est tellement bon d’être en famille en voyage, parce que les enfants grandissent sous nos yeux (et nous emmerdent toujours autant certes mais ça, ce sont les enfants quelqu’ils soient), parce que toute la famille y trouve son compte. Quelle plénitude!

Les enfants en mer, ils apprennent que la nature est plus forte qu’un caprice, ils participent aux manoeuvres, s’orientent et font la route, ils s’expriment avec des adultes, ils font à manger et font la vaisselle (bon ok, il faut leur répéter 10 fois, mais ils le font!) Ils nagent, plongent, savent reconnaitre tous les types de bateaux que l’on croise, les poissons que l’on voit et les coraux. Mais surtout il savent que tout peut changer, qu’une rencontre, une discussion, une prévision météo ( ou un virus) peut faire basculer tous les plans et ils s’adaptent. Ce qui est absolument chouette, c’est d’avancer sur un bateau, notre repère qu’ils connaissent par cœur et sur lequel ils sont totalement à l’aise. C’est un petit environnement bien confiné à leur échelle où chaque chose à sa place, chaque bruit à son sens, chacun à son rôle.

Nous sommes en nav pour la Guadeloupe, tout le monde dort à la gite. Lou par terre dans sa cabine! Je suis de veille dans le cockpit, le vent est Nord-Est, il y a 13 nœuds, nous avançons à 6,5 nœuds au près, moins d’un mètre de houle, ciel dégagé à environ 20 miles au nord de la Guadeloupe. Superbe nav. Nous allons chercher Olivier, le propriétaire du bateau pour rentrer à Fort de France et prendre l’avion……

Les Grenadines, tome 2.

Nous avons entamé notre remontée et atteint un niveau très haut dans le voyage. Un peu désorienté, le rétroplanning amorcé vers Saint-Martin, nous quittons Grenade avec nostalgie et la sensation que la suite de notre voyage sera une simple navigation vers le nord. Mais finalement, il nous reste 1 mois de voyage et tout est relatif, en voyage au long court ça semble si peu, en temps normal c’est énorme!

Cote sous le vent de Grenade

Ile Ronde, première escale, une île totalement déserte malgré sa taille assez importante. Qui disait qu’il était impossible de trouver des mouillages déserts aux Grenadines, il suffit d’aller en dehors des sentiers battus!

Cette île est splendide, la mer émeraude et translucide s’offre à nous à l’abris d’une petite falaise rougeoyante bordée d’une plage de sable gris. Des poissons coffres et diodons de roche s’installent sous notre coque toute la durée de notre escale. Plus au bord, des bancs de carangues blanches et de minuscules poissons s’entrecroisent. Ils semblent chercher à se camoufler des prédateurs se confondant avec le sable. Ils sont plusieurs milliers de 3 espèces bien distinctes. Nous sommes seuls et complètement isolés, nous nous sentons un peu Robinson, avec un sentiment mêlé d’idéalisme et d’une goutte inquiétude de ne savoir personne à proximité.

Timaël se baigne dans 4 m de fond!

Cap sur Cariacou où nous arrivons pour le carnaval, nous passons une nuit à Tyrell Bay, c’est la baie des longues escales pendant la saison cyclonique, le seul endroit aux Grenadines où tu peux caréner ton bateau. La baie n’est pas hyper intéressante, mais nous nous y sentons bien, l’eau est très belle, turquoise vif et, après une escale sauvage, la proximité ce tous ces bateaux de voyageurs nous plait. Nous rencontrons Manu et Nath, jeune prof à mi-temps annualisé qui voyagent tous les ans 3-4 mois aux Antilles.

Sandy Island. Une minuscule ile de 500 m de long et 30 ou 40m de large. Escale d’une nuit, sur l’ile déserte de carte postale. Vol de pélican sur eau bleue vif, c’est fascinant de regarder ces Grands Gosiers décoller, survoler, repérer, plonger, pécher, se renvoler, atterir. Je reste à les observer. Naissance de Mahault, la petite fille de Claire et Edouard. La vie continue à Terre et malgré notre bulle de voyageur, nous restons proches et connectés. Nous restons une nuit, barbotons d’île en île, sans sentir le besoin de s’y attarder.

Hillsborough Bay, Carriacou. C’est le carnaval, depuis 5h du matin la fête bat son plein. Après avoir équipé les enfants de boulquies et turban, nous nous enfonçons dans le cahot festif qu’est le carnaval de Carriacou, nous sommes sidérés. C’est Jouvert, le jour du défilé du Jab Jab, des créatures enduites d’un mélange d’huile et de canne brulée danse le soca et cherche à semer la terreur. C’est une manière de commémorer les combats pour la liberté menés par les esclaves. Il est 10h du matin, les Jab Jaber sont enchainés, avec des masques à gaz et des casques à cornes complètement défoncés, les filles en bas résille et poitrine débordantes. Tout le monde se frotte de manière assumée et exubérante. On est complètement halluciné par cette tradition. Au vu des décibels et scènes pas trop adaptées à la famille, nous clearançons entre les enceintes saturées et les défilés macabres, et remontons l’ancre.

Petit Saint-Vincent (PSV). Nous visions Petite Martinique et nous nous  sommes fait interpeller/séduire par cette minuscule ile entourée de barrière de corail et de bancs de sable. Un enchainement de lagons translucides ponctués de deux microscopiques iles désertes, Punaise et Morpion. C’est très beau, digne d’une jolie carte postale, mais nous nous y sentons comme désoeuvré.

Cette île est un masque, une île hôtel où nous ne pouvons errer en dehors de la plage. Une ile à voir, pas à vivre. Un ile sans identité où tous les charters et les bateaux de croisière kite font une de leur escale programmée et minutée. Encore une fois comme dans certains spots des Grenadines, nous sommes entourés de Dream yacht charter, Star voyage, Kite caraïbe et j’en passe. Quand un charter de 62 pieds mouille son ancre à 17h à 50m de ton bateau, tu as un peu la sensation de te faire doubler par un énorme camion alors que tu es à vélo ou celle de camper avec ta tente 2 places sur un parking à camping car. Deux échelles opposées, deux façons de voyager, dissonnantes. L’une où tu as du temps, peu d’argent, et la volonté de rentrer en contact avec les territoires et les populations rencontrées, l’autre où tout est prévu, organisé ou l’inattendu n’a aucune place. Ici, c’est assez claire et explicite, l’exotisme des caraïbes et ses paysages « paradisiaque » ont tué totalement  l’identité de certaines îles, PSV en est un exemple dérangeant.

Place publique à Petite Martinique devant le quai principal

En face Petite Martinique, nous faisons une escale éclair mais je me laisse aspirée par cette petite île toute ronde et modeste, contrairement à PSV, une île qui pétille et intrigue. Ici pas de plage de sable blanc instagrammable. Des pécheurs, une école, un terrain de basket occupé par des chèvres, des espace publics chaleureux et super bien entretenus, une vie locale douce et accueillante. On respire. Chacun a sa place, son rôle, les gens semblent fiers de leur île. On s’est fait avoir en bon touriste, c’est clairement là que l’on aurait du s’arrêter. Mais le voyage c’est ça… tu dois faire des choix en l’allant toujours vers l’inconnu, en te faisant confiance et en étant à l’écoute de ton feeling et de l’équipage, et de temps en temps tu te plantes. On le sait, ce n’est pas la première fois et ça ne sera pas la dernière. On apprend à ne pas s’en vouloir, à assumer ce que l’on à tester.

Windward Bay au petit matin

Après 4 ou 5 jours de saut de puces, Nanouk a besoin de se poser. Nous visons les Tobagos, mais savons qu’il faut y aller quand il y a peu de vent, plutôt le week-end pour éviter les charters qui viennent de Martinique et de Grenade en loc du samedi au samedi, arrivé le matin pour avoir de la place… L’équation n’est pas simple.

Après un passage express à Union, clearance, marché, et pizza, cap sur les Tobagos. La forêt de mâts plantés au milieu de l’océan nous fait peur. C’est un site exceptionnel mais envahi par les charters. Ça pullule d’énormes catamarans de croisières qui viennent une nuit et repartent pour un autre spot. Changement de cap Windward Bay, au vent d’Union, nous allons mouiller derrière la barrière de corail comme au milieu de l’océan mais dans un splendide lagon et 3 mètres d’eau. Bon, ça roule un peu,  mais faut savoir ce que tu veux !

Vue sur les Tobagos depuis Windward bay

Film sous les étoiles (ça c’est un de nos kiffes familial dans le cockpit le soir tous ensemble), plongée sur belle barrière de corail, raies et tortues, énormes gorgognes. Ici c’est comme si les fonds sous-marin étaient  surdimensionnés, on voit la même chose qu’ailleurs mais en géant. C’est bien d’être seul au monde mais il faut le dire, les enfants tournent un peu en rond. Allons affronter le Tobagos !

Togagos Cays après l’école et une nav, courte mais pimentée. Pourquoi faire le tour quand on peut aller tout droit ? Il y a une passe, bon, elle n’est pas large mais Nanouk aime les petit défis. Traceur chargé, google map activé, quand on croise les deux, on voit super bien les patates de corail vu du ciel et les profondeurs sur la carte. A ce moment, tout le monde doit se taire, même Timaël, Vincent à l’avant scrutre le fond, moi à la barre danse entre les récifs. Le bateau est concentré, le sondeur indique 5m puis 4, 3, 2.5, 2…. Et ca remonte 3, 6 , 8, 16… ouf nous sommes passés. Pourquoi prendre ces risques? Juste pour le plaisir, pour l’excitation je crois. Avec Vincent, après analyse de la carte, quand on le sent, on se fait confiance alors on y va ! Notre bulle flotte et godille dans les camaieux de bleus incoyables, c’est un plaisir immense et les enfants jouent complétement le jeu !

Arrivé vers 11h, une bouée nous tend les bras entre petit Rameau et Petit Bateau, ces deux iles mystiques situées au centre du fer à cheval. Il n’y pas encore grand monde à cette heure-ci, même si les charter nous font raler, il n’y a pas à dire c’est magnifique. Départ familial pour la plongée mythique de la barrière de corail.

Palme, masque, tuba, cosy, biberon d’eau, crème solaire, les copains nous croisent avec des gros yeux quand ils aperçoivent Timaël au milieu d’une barrière de corail! Première équipe Lou et moi, moins d’une minute après avoir plongé, je me retrouve nez à nez avec un requin de plus de 2m, oups, Lou est quelques mètres derrière, sans l’inquiéter je le ramène fissa fissa à l’annexe. Ce sont des requins nourrices qui chassent plutôt la nuit et n’attaquent pas l’homme s’il ne l’agresse pas, hyper impressionnant tout de même. On croise plus tard des raies pastenagues et des poissons bourses, des sergents major et des carangues, des chirurgiens et diodons de roche. Plongée fascinante par l’ampleur de la barrière. Le lendemain nous repartons en famille pour une seconde plongée sur une bouée plus loin, proche des vagues qui éclatent sur le récif, la mer est très agitée, il y a du courant, nous sommes sur la seule passe qui envoie vers le large au niveau du tombant. Un peu moins rassurant que l’intérieur du lagon. Le spectacle est grandiose, des dizaines d’espèces flottent dans le courant au-dessus de patates de corail gigantesques tandis qu’émerge des profondeurs une immense raie léopard. Emotion.

Bequia. C’est fou ce que les ressentis peuvent variés selon le contexte et l’état d’esprit de l’équipage. Alors qu’à l’aller nous n’avons pas du tout aimé le mouillage d’Admiral Bay, cette fois-ci, il nous comble. La côte est splendide, c’est paisible, nous nous sentons en vacances dans le voyage, paddle, plage, petit café au bord de l’eau, nage et gueuleton de langoustes.

Le chapitre des Grenadines se clôture ici, un voyage dans le voyage, plus d’îles, plus isolées, plus sud, plus anglophone, plus de bleu, plus de poissons, plus, plus, plus….

Ô Grenade..!

Il y a 25 noeuds de vent depuis une semaine, être mouillé derrière une barrière de corail aux Grenadines, c’est bien, ça ne bouge pas mais ça souffle, le vent est puissant, il enivre et nous remplie comme il nous « saoule » et puis nous essouffle. Windy, notre application météo nous dit qu’il y a moins de vent au sud, sous le vent de Grenade donc, reprenons la mer. Nous n’avons pas encore été à Carriacou ni réellement aux Tobago Cays, ce n’est pas grave nous repasserons en remontant. C’est le plus grand luxe du voyage, d’avoir du temps, de quitter un endroit quand on le sent, d’y rester quand on est bien.

Nous partons donc des Grenadines pour nous abriter, pour retrouver un peu de quiétude, de calme. En mer, nous sommes tellement sensibles à la météo, tous les extrêmes se font ressentir immédiatement sur l’humeur du bord, un journée trop humide, trop chaude, trop venteuse ou trop houleuse et l’électricité embarque au sein de l’équipage. Être à l’écoute de notre rythme et trouver le bon abris au bon moment est indispensable. Nous sommes en osmose avec les éléments, sous leur emprise. Notre petite coque est un cocon fragile et poreux, nous flottons dans notre bulle sur l’océan entre mer et ciel.

Nous quittons donc les Grenadines pour notre dernier bord de portant, après nous devrons remonter au vent vers la Martinique. Que c’est bon de naviguer! Ca fait plus de 10 jours que nous n’avons pas hisser les voiles, saut de puces entre les iles, trop face au vent ou trop vent arrière nous sommes restés au moteur. Nous quittons Union, l’île à la topographie graphique, l’île du kite, l’île de cette communauté de français installés depuis quelques décennies qui a monté quelques bars bobo, école de kite et concept store. Nous clearançons, achetons quelques légumes, mangeons une super bonne pizza chez Marie et larguons les amarres. Passage express, tour d’horizon seulement.

Que c’est bon de naviguer vers un ailleurs vers on ne sait où, mais d’y aller. Nous passons devant Carriacou, Sandy Islande, l’Île Ronde et longeons toute la côte. De loin déjà cette île semble pétillante. Son relief est complexe, on devine une succession de cirques et de volcans avec leurs versants abrupts, on devine une végétation luxuriante, humide et très variée. On aperçoit des villages escarpés dans les collines avec des maisons très colorées. Nous ne connaissons pas Grenade, à peine entendu parler de cette île avant.

Il est 14h30, après une très belle nav assez excitante vent arrièrre avec le défi permanent de ne pas empanner, une série de surf dans la houle des canaux traversés, nous arrivons au mouillage de Saint-Georges. On met l’annexe à l’eau et on débarque immédiatement pour clearancer. On est vendredi et les services de douane sont fermés le week end, normalement Vincent va tout seul faire les formalités administratives et je reste au bateau avec les gars pour se baigner et chiller après la nav, mais là, la ville nous intrigue nous avons envie d’y faire un saut tous ensemble. Nous promettons donc une petite glace arrivés à quai, histoire de compenser. Après avoir accoster à un ponton pourri, on nous indique le bureau des douanes à la marina de Port Louis. Magnifique Marina, très chic, installée au creux d’un bassin naturel entouré de collines habités et verdoyantes. Quelques mètres après le bureau des douanes, une piscine, en moins de 2, tout le monde à poil, quelques plongeons de hors la loi, des bombes au milieu des touristes qui bronzent, il nous fallait ça pour trouvé l’énergie d’affronter la ville.

En repartant, j’entend quelques mot de français qui m’interpellent, nous cherchons à savoir quoi faire sur l’île. Pierre-Jean surbooké me donne le contact de Bruno qui en moins de 5 minutes nous donne rdv le lendemain à la Marina pour le Hash du samedi, un énigme… Nous débarquons sur le bassin de carénage, ça souffle, il pleut, nous sommes entre les bateaux de pécheurs, les klaxons des voitures, les vendeurs de poissons, avec la poussette et les écoliers en uniforme. Cette île est différente. Dans l’indifférence général, nous nous frayons un chemin dans l’activité de Saint-George, aussi magnifique de loin qu’intense une fois que tu y es. Les taxi-co nous frôlent à toute berzingue, nous cherchons une glace, nous tombons sur des leurres pour pécher le thon, nous cherchons le tunnel Sendal, nous montons au fort, nous cherchons un drapeau de Grenade (pavillon de complaisance obligatoire), nous tombons sur des noix de muscade. Il n’y a pas que les plages de sable blanc et leur hôtels de luxe ou les bidons-villes et les boat-boy, il y a la vie, la vraie celle des îles qui fonctionnent de manière autonome où le touriste n’est pas indispensable à la vie des iliens. Avec Vincent, on s’y sent bien. C’est de cette manière que nous envisageons le voyage avec toutes les surprises et l’inattendu que ça comporte. C’est comme cela que nous voulons le vivre avec nos enfants. On ne prévoit pas tout et il faut savoir s’adapter. C’est souvent dans ces situations que nous faisons les plus belles rencontres, vivons les meilleurs moments.

Retour au bateau après cette épopée, le mouillage dérape, c’est très clair, nous déplaçons le bateau à la tombée de la nuit, une fois, puis deux fois. A chaque risée on entend l’ancre sautée, mais il faut se décider, on se met proche de la plage de Grande Anse où nous devrions trouver du sable. À 3h00 du matin, risé, chrrrrrrr, chrrrr, on dérape, on tombe sur un bateau noir, 15, 20, 23, 29 et 30 noeud de vent, on se retrouve tous les deux sur le pont, on allume le moteur pour soutenir le mouillage. On attend que le vent baisse et on remonte l’ancre. Génial, on va devoir se trouver un autre spot en pleine nuit, on adore… On pose l’ancre une fois puis deux fois, bien sûr Timaël se réveille, Marin va s’en occuper pendant que l’on termine la manoeuvre. Il est 4h, tout le monde est debout, on va se recoucher. Demain, c’est sur, nous allons à la marina!

Premier ponton depuis trois mois! Première douche chaude, piscine, lessive à quai et même poubelle de tri, on savoure cet énorme luxe à 150$ caraïbes ! Les enfants fond des jogging sur les pontons, la terre ferme juste là, à porter du bateau, ca change des plongeons à l’heure de la récréation!

Il est 15h, Bruno nous attend, 15 minutes plus tard nous nous retrouvons avec une centaine de personnes habillées en rouge pour ce fameux Hash, un jeu de piste. Un rond au sol, il y a deux chemins possibles, une croix, on fait fausse route. Les « runners » mènent la route. « On on » on continue. « On back » on revient. L’ambiance est totalement délire, ça crie, ça s’interpèle, ça sue, ça jase, on se marre! Après une heure et demi de marche, la boucle est bouclée, la fête commence. Sono à fond, soupe de lambi et poulet boucané, c’est le party en plein air jusqu’à épuisement!

Dès le lendemain, nous mettons les voiles vers Hog Island, le sud de Grenade est infiltré par une succession de fjiord. Des trous à cyclones, protégés des coups de vent entre les barrière de corail et la mangrove. Nous atteignons le point le plus au sud de notre périple.

Et là, juste derrière Glover Island, bim, un barracuda! Ça faisait quelques jours que nous n’avions pas péché, et chaque pèche est un petit miracle à bord. Je n’avais pas encore compris l’instinct pécheur de Vincent avant ce voyage mais à chaque fois c’est la même. On navigue tranquille, on discute, on joue… une ligne de traine posées évidemment quelques secondes après chaque départ et , zzzzzz, zzzzziiit la ligne se déroule, ça a mordu, on arrête de respirer (enfin Vincent!). Plus un bruit sur le pont, vite il faut réduire la toile, prendre la gaffe, remonter doucement, tout doucement la ligne pour ne surtout pas loupé notre repas! Sinon… on aura pas rouler le génois assez vite, on aura fait trop de bruit, bref les foudres du pécheur s’abatteront sur l’équipage! Toute pêche est une négociation entre le poisson et le pécheur, un va et vient qui peu durer plusieurs minutes selon le caractère du poisson! Les mahi mahi (dorade coryphène) sont les plus coriaces, les barracuda, ils ont tendance à lâcher l’affaire plus rapidement, il se mettent sur le flanc et se laisse remonter tranquilement. Ouf, cette fois ci, c’est un beau barracuda et on le remonte sans trop de peine. Exaltation du capitaine!

À peine le reef dépassé, nous entrons dans le fjiord et apercevons une quinzaine de dinghys posés sur la plage. Une bouée nous tend les bras juste devant, on s’amarre et on débarque en moins de 10 minutes. C’est le BBQ du dimanche, un rendez-vous du sud de l’île ou les voileux, les locaux, les pécheurs et les musiciens se retrouvent pour faire la fête. Du jamais vu, une superbe mixité où tous ces gens de multiples horizons se retrouvent en toute simplicité. Cette île est dingue! Les enfants partent faire du paddle tracté avec Gilles et sa fille, Timaël et moi nous nous baignons, Vincent ramène son barracuda pour le poser sur un des barbecues allumés. Un groupe de rasta commence un petit concert de reggae. Timaël devient la mascotte et la petite star de la soirée. Et nous rencontrons toute une communauté de français voyageur, Christian et Chantal sur Puravida, Gille et Marie, Yann et Fred sur Bulle, Agnes et Vennec sur Pikouponnes, en voyage pour un an, trois ans ou une durée indéterminé, autour du monde de l’Atlantique ou juste aux Antilles, chacun a son projet, son histoire son origine, et une chose nous relie tous, nous sommes là ici et maintenant, arrivé en bateau sur cette île du bout du monde. Du bonheur tout simple et partagé, une soirée comme on les adore. Nous n’avons aucune photo, juste des pures souvenirs!

Et le trip continue, plongée sous marine pour aller voir une oeuvre d’un sculpteur installé sous l’eau, très émouvant. Puis Seven sister, la Rain forest. Départ en taxi-co de Saint-George, installé entre un veillard, une mama et un gigantesque gaillard, nous voila en route pour les cascades. Musique à fond et à fond la caisse dans les routes de montagnes, nous traversons une partie de l’île somptueuse. Le chauffeur nous dépose sur la route, un monsieur nous accueille et nous oriente, il nous donne des bâtons de marche et nous répète une bonne dizaine de fois « take care ». Effectivement nous nous enfonçons dans une jungle gigantissime, argileuse et détrempée, sous les bambous et les fougères géantes, traversons plusieurs rivières sur des passages à gué plus ou moins certains. Nous sommes into the wild. Nous nous perdons, évidemment puis retrouvons notre trace et la cascade que nous avions largement dépassée. Extra.

De retour à Saint-George, nous allons devoir partir, remonter vers le nord. Qu’est ce qui fait que cette île semble si équilibrée, si belle et envoutante? Compliqué à dire et à comprendre en si peu de temps. Il va falloir revenir, un jour!

Saint-Georges, à l’image de notre ressenti de Grenade est un port vraiment surprenant. Dans une même baie, cohabite toutes sortes de navires, du dinghy au bateau de croisière de 100m en passant par les pécheurs, les plaisanciers, les charters, les porte-conteneurs et les boat boys, tout ce petit monde se frôle dans un même chenal sans jamais se percuter. C’est fascinant.

Et nous quittons Grenade en longeant cette côte toujours aussi belle qu’à l’aller qui possède désormais moins de mystère mais encore plein de merveille à découvrir.

Ô Grenade!

Petit Prince des Caraïbes

Aujourd’hui, Timaël a 4 mois!

Ti [Petit] en créole, Maël [Prince] en breton

1 mois et demi passé à terre et 2 mois et demi en mer, une petite rétrospective de ces premiers mois au bateau s’impose.

Il est la particularité de notre équipage, il est notre petit Doudou, comme le surnomme les antillais, il est devenu la petite star de Hog Island au sud de Grenade lors de notre dernière escale, il adore traverser les canaux par 25 noeuds de vents, il s’éclate quand la musique est à fond, il tchatche à base de aaahhh et de euhhh, il nage presque tous les jours dans 50 cm à 50 m de fond, il nous accompagne en annexe lors de nos plongées, sur le paddle quand la mer est d’huile, en poussette au marché ou à la laverie.

Il tète par tous les vents, à la gite, à plat, dans l’annexe, dans l’eau, dans sa cabine, et surtout dans le cockpit. Il suce ses pouces et ses pouces de pieds, se retourne tout le temps, adore dormir sur le coté en petite cuillère, faire le cobra et ne pas réussir à revenir sur le dos. Il se balance en solo dans son transat, s’endort quand tout le monde est occupé. Il sait se faire petit quand il le faut et prendre sa place quand il y en a. C’est un régale. Un matelot autonome!

Il a parcouru environ 500 milles à la voile entre Saint-Martin et Grenade, et a foulé les terres de Saint-Barth, Nevis, Antigua, Guadeloupe, Martinique, Sainte-Lucie, Bequia, Mustique, Canouan, Mayreau, les Tobago Cays, Union et Grenade.

C’est notre bébé sourire, un bébé facile, bercé en permanence au rythme des vagues et du vent, il enjolive notre voyage un peu plus tous les jours. Il y a toujours des bras pour le prendre, des yeux pour échanger, un sourire pour rigoler.

Bon évidemment, on a une petite inertie lors de nos départs à terre ou à la voile, mais on progresse. Au début, on comptait une heure, parce qu’évidemment au moment où tout le monde est prêt, il faut changer une couche ou faire une tétée. Maintenant on compte une demi heure voir même 15 minutes quand on oublie tout. On progresse! Faire la bouteille d’eau, prendre les claquettes, fermer les hublots, remonter le paddle, prendre le porte bébé, le coupe circuit, les casquettes, et… le bébé quand l’annexe est démarré et que tout est prêt!

Mais franchement l’effet rouleur du bateau en continue est juste idéal pour les 6 premiers mois de vie, fini les heures à bercer bébé pour l’endormir! On recommande!Je dirais même que les mouillages les plus rouleurs sont les meilleurs. Je pense qu’il a fait ses premières nuits entre Nevis et Saint-Barth où l’on a pas fermé l’oeil de la nuit tellement ça roulait!

Et bien sûr il vit tout nu, commence à avoir un petit teint hâlé, profite des bon rayons du soleil et de l’énergie des éléments! Du bonheur!

À Saint-Anne en Martinique, une après midi à chiller dans l’eau en bordure de mangrove
A Saint-Barth, petite sieste avec vue sur mer!
Et hop, on sèche à la lueur des derniers rayons!
Ah les doux rêves écolos, les couches lavables oui, lavées à la main, non! On a tenu un mois demi et on a laché…! Trop de travail!
Ballade à Moustique
Pouce et vaisselle : ambiance du matin à Deux Pitons à Sainte-Lucie

Welcome to paradise! Nanouk aux Grenadines

Enfin, on part vers les Grenadines! Le hublot et l’enrouleur sont réparés, les pleins de courses, eau, eau potable et gasoil sont fait, Nanouk est super reposé et en pleine forme, on vise Marigot Bay à Sainte-Lucie pour une brève escale puis les Deux pitons.

Marigot Bay au coucher de soleil depuis le bateau Happy

Petite escale super rapide et réconfortante dans un lieu qu’on adore, on découvre une piscine accessible à tous ceux qui payent une bouée, même si on est au mouillage on va en profiter, c’est exotique quand tu te baignes que dans la mer!

Nanouk a un coup de coeur pour les deux pitons, le territoire est splendide. Des irruptions volcaniques on fait émerger ces deux cônes à plus de 700m d’altitude au bord de l’eau qui tombe dans des profondeurs équivalentes, l’eau est foncée et presque inquiétante, il parait qu’on peut rencontrer des requins baleines…

Le contraste est toujours saisissant en terme d’occupation humaine; au sud de Petit Piton on mouille devant le magnifique hôtel de luxe Sugar Beach, tandis qu’au nord on mouille devant le petit bidon ville du village de Soufrière. L’économie est à deux vitesses, ou même trois. Il y a les locaux, habitants des iles qui vivent en Dollars caraïbes, les touristes en vacances qui vivent en dollars US et les plaisanciers à la voile qui représentent une bulle un peu à part et très hétéroclite.

Nanouk s’enfonce une fois de plus dans la jungle volcanique au coeur de cette végétation toujours aussi fascinante. C’est notre journée massothérapie, bain de boue, source d’eau chaude et sulfureuse au volcan et massage sous les cascades. On rentre au bateau complétement groggie!

On saute saint-Vincent pour arriver directement à Bequia où on retrouve nos amis de Blue Wave, la bateau que l’on recroise partout.

Moustique

Là, démarre la féérie des Grenadines!

Au portant en direction de Mayreau

Mayreau

Mouillage d’un charme fou à dimension d’enfant, on retrouve nois amis de Blue Note avec qui on va passer presque une semaine. Et même tous dormir sur leur cata suite à une panne d’annexe aux Tobagos!

Entre tous ces coins de paradis et ces supers rencontres, Nanouk vit et respire au rythme de tous ces équipiers, on apprend à lire, à écrire, à compter, à conjuguer pour les uns, à se retourner et à sucer son pouce pour les autres!

Et surtout on devient implacable en repérage de tortues!

Forêts, mangroves, volcans et vie à bord: les écosystèmes du voyage…

Après Antigua, nous traversons le canal pour mouiller l’ancre à Deshaie en Guadeloupe. À deux pas de là, le jardin botanique créé autour de l’ancienne maison de Coluche domine la baie. Ici, il pleut 18 fois par jour, les mornes qui entourent la baie accrochent les nuages, il fait super chaud, je crois que c’est ce qu’on appelle le climat tropical. La végétation y est luxuriante, c’est assez extraordinaire ce que la nature est capable de fabriquer d’elle-même. Nous nous promenons comme dans un musée à la découverte de ces peintures aux formes et aux couleurs si intenses et contrastées. Les végétaux s’entrecroisent, poussent les uns sur les autres, certains dominent, d’autres tapissent, certains grimpent, d’autres se balancent. Un écosystème qui s’alimente et abrite une variété d’oiseaux incroyables. Le palmier géant, le gommier rouge, le fromager, la rose de porcelaine, les pinces de crabe, et puis les colibris, les flamands roses, les loriquets.

Après un baptême de plongée à la réserve Cousteau ( plongée complètement folle), Pointe Malendure, Florent, un copain nous prête sa voiture pour aller à La soufrière, le volcan qui domine la Guadeloupe à 1400m. Notre équipage émoustillé par la découverte de ce nouvel élément (et idéalement composé pour faire de la randonnée ) s’engage dans une randonnée de 5h. Quelques minutes avant le sommet quand on se demande s’il ne faudrait pas s’encorder, que tous les marcheurs (sans exception) que l’on croisent nous disent que ça ne passe pas avec deux enfants et un bébé, qu’il y 130 km/h de vent et qu’il fait 14 degrés au sommet, nous décidons finalement de faire demi-tour… ! Heureusement le paysage est grandiose, lianes, feuilles déployées de plus d’un mètre, fougères géantes, canopée nous dominant de plus de 20m sur un chemin calpiné de roche volcanique, puis la vue se dégage, nous apercevons au loin Les Saintes, la pente s’accentue, ça monte raide et le sentier s’immisce dans la roche pour traverser des failles humides et recouvertes de mousse rousse. Nous redescendons dans un brumisateur géant pour aboutir dans des sources d’eau chaude et sulfureuse. Nous sommes rincés.

Un avis de coup de vent est annoncé, sans répit nous devons aller nous abriter pour la semaine à venir. Nous quittons donc la cote sous le vent de la Guadeloupe un peu trop vite, traversons le canal des Saintes par 30 noeuds de vents au près et arrivons au mouillage de  Terre-de-Haut. Nanouk a eu quelque suées!

Ca fait un mois que nous naviguons, Timaël à 2 mois et demi, heureusement nous dormons presque toutes les nuits mais nous sommes épuisés. Faire le pain, mettre l’eau potable en bouteille, faire à manger 3 fois par jour, monter et descendre cette descente à 5 marches 278 fois par jours, faire la lessive, la lessive de couche, la vaisselle, faire les courses, faire l’école et trouver 1000 et une stratégies pour que ça se passe bien, trouver un abris chaque soir, se faire réveiller par les grands à 5 heures du matin, renverser son café parce que le mouillage roule… bref la vie à bord nous montre ses difficultés et nous tombons tous, comme des quilles, malades les uns après les autres, angine, otite, bronchite. La tempête bat son plein, les grains s’abattent sur le bateau toutes les demi-heure, l’ambiance du bord en pâti évidemment. Les Saintes, nous ne les verrons pas sous leur meilleurs angles… ! En contre-partie, étant donné que tout le monde est bloqué dans le même mouillage pendant la tempête, nous rencontrons plein de bateau copain, Mafaso, Jad et Noix de coco, et Freestyle revient en Guadeloupe. Evidemment, ce dont je me rends compte en racontant cet épisode, c’est que nous enchainons les apéros au bateau, au restau, sur la plage et chez les copains, ce qui n’est pas hyper propice au rétablissement. Et même une nuit au bateau sans les enfants qui sont invités à dormir chez les Mafaso0 ( Merci papy Jean-Marc !)

Aux Saintes, Marin fête ses huit ans!

Les Saintes, ce petit archipel hors du temps, nous rappelle les iles du Morbihan, en version antillaise bien sûr, on adore. Cette étape marque un bon tournant de notre voyage, tant dans les rencontres que dans les épreuves. Ouf, nous quittons l’archipel en direction de la Martinique pour retrouver une météo beaucoup plus clémente et notre petit cocon familiale.

Passage en Dominique, une nuit à Roseau, c’est à moitié la zone, la différence est hallucinante entre les îles françaises et les îles autonomes. On file en Martinique où l’osmose à bord revient. Nanouk  déteste les mouillages rouleurs, il grogne, boude et tombe malade alors qu’un bon abris l’apaise et lui apporte la plénitude. Nous retrouvons les Anses d’Arlet avec tellement de plaisir, c’est le bonheur.

Puis une grosse escale logistique s’impose, réparation d’un hublot cassé, de l’enrouleur, plein de course chez leader price où nous sommes tout excité d’être dans un super marché français, avant le départ pour les Grenadines, là où tout devient rare et cher. Yahourts aux fruits, pâte à tarte, crême fraiche, conserve de haricot vert, le gros luxe, quoi !

Nous sommes en stand by à Sainte-Anne pendant quelque jours où nous découvrons les splendides plages du sud de la Martinique, bordées de Mangrove. L’anse Caritan et la plage du Club Med sont deux mouillages à proximité du Marin juste magnifique.

Le voyage continue, Nanouk reprend la mer en direction de Sainte-Lucie, yehhhh!

Saint-Martin, Saint-Barth, Nevis, Antigua…

Après 3 semaines à bord, nous avons bien pris nos repères et sommes en plein voyage. Que ce soit le bateau, le rythme de la famille, le rythme de nos escales etc. Nous commençons à nous connaitre (en voyage tous ensemble toute la journée) de mieux en mieux.

Un voyage en bateau, c’est vraiment comme un road trip en mieux encore parce qu’évidemment on navigue. Nos journées de nav, on est tous d’accord sur ce point, ce sont les meilleures. Réveil à 5h30 du matin et à 6h00 au levé du soleil, on remonte l’ancre. On part au moteur dans la lumière naissante et une fois que le cap est mis sur notre destination on prend notre petit déjeuner. Un instant magique ou tout le monde est en forme, où les langues se délient

Pendant les escales, nous découvrons les Antilles et leur fonctionnement, c’est un archipel tellement varié, chaque ile a son caractère, son paysage et son identité.

Depuis notre départ, nous avons été sur 4 îles et fait 11 mouillages différents dont j’ai bien envie de vous parler pour raconter, mettre des mots, ne pas oublier. On dessine aussi, chacun dans notre livre de bord ce que l’on voit pour essayer d’extraire une goutte de la beauté que l’on vit.

Saint-Martin

À Saint-Martin d’abord, on a eu une météo de folie, un accueil plutôt hostile pour le début du voyage. Des pluies torrentielles, avec des grains avec 30 à 40 nœuds de vent et donc des mouillages relativement flippant, le tout dans une mer turquoise et un paysage de carte postale, plage déserte de sable blanc et cocotier. Iles des contrastes, donc. À l’image de son paysage, l’ambiance. Nous sommes arrivées mardi 10 décembre et le jeudi 12 des émeutes éclataient. Alors que nous nous « battions » dans notre petite coque de 13m pour ranger bagages et épicerie, nous apercevions à terre des fumées noires pendant qu’éclatait des « pétards ». Ce n’est que quelque jours plus tard, arrivé à Anse Marcel que nous avons compris ce qu’il ce passait l’île (coté Français, était complètement bloquée, en état urgence, cumulant émeute et blocage des routes. Effectivement la métropole venait  d’annoncer le Plan de Protection des Zones à risques tant attendu après Irma ( le cyclone qui avait ravagé  90% de l’île en septembre 2017) et ce Plan proposait de rendre inconstructible toutes les zones inondables (et insalubres) ou la majorité de la population pauvre est installé depuis des siècles. CPour ses occupants, c’était inacceptable sachant que la France ne propose aucune alternative à ces petits propriétaires qui ont déjà reconstruit avec les moyen du bords leur logement. En bref, une guerre de pouvoir entre les riches blancs qui sont installés sur les hauteur et les pauvres noirs en bas. N’étant pas encore en mesure d’estimer la violence des émeutes nous sommes donc resté à bord la majeure partie du temps alternant plongées sous marine, plage et vie du bord. C’est « radio ponton » qui nous a informé de ce qu’il se passait réellement sur l’île.

10 jours après notre arrivée nous sommes retourné à Marigot Bay pour accueillir Mag, ma cousine qui venait passer Noël avec nous. Avec Vincent, notre super skipper officiel, nous avions déjà décidé de ne pas aller aux Iles vierges étant donné la distance et la météo prévu. L’aller au portant se fait très bien tandis que le retour peut être très très long : 80 miles face au vent (souvent beaucoup) avec des creux de 2à3m. Une nav qui peut durer une trentaine d’heures au moteur. Bref, nous ne bous sentions pas près de faire des nav de nuits comme première traversée familiale, ne sachant pas non plus comment notre nouvelle équipière réagirait.

Dès le lendemain, nous sommes parti pour Saint-Barth, au bon plein, avec des pointes à 30 nœuds de vent de des creux de 2 m, bien heureux de s’engager dans une nav de 15 miles plutôt que 80 avec une équipière qui passait du vert au rouge selon la distance à laquelle elle se trouvait du sceau!

Saint-Barthélemy

Premier mouillage, Pointe Colombier, une réserve naturelle extraordinaire. Après 5 tours sur nous même, une gaffe de perdu et des insultes qui volait entre l’avant et l’arrière du bateau, nous arrivons enfin à prendre notre coffre. (C’est clair il faut qu’on s’entraine! Et qu’un enfant relais ce que l’on dit au centre du bateau). Enfin le jeu en valait la chandelle, nous sommes mouillé au dessus d’un spot de plongé extraordinaire, où il suffit de mettre la tête dans l’eau pour apercevoir des dizaine d’espèce d’animaux, (tortue, raies, requins). C’est préservé au point que nous ne soupçonnons absolument pas ce que cache Saint-Barth. Le paysage nous rappelle l’Écosse ou la Méditerrannée, la roche rouge avec une végétation extrêmement sèche écourté par le vent et les tempête, broutée par des cabris.

Et derrière le bout de l’anse, nous apercevons les cheminée des plus gros yacht de la planète. C’est le Disneyland des yacht à moteur dans ce paradis fiscal qu’est Saint-Barth. Les uns ont des tobogans géant permettant de glisser directement dans l’eau, d’autres ont leur hélico sur le pont, certains, ont vedettes à moteur, voilier et hélico sur le pont ou encore une annexe d’une vingtaine de mètres avec tous les joujous à bords. Arrivé à Gustavia, nous entrons donc dans le monde de l’argent et de la débauche, magasin de luxe, matuvu en veux tu en voila. Saint-Barth est la seule iles où il n’y a pas de noirs, une des raisons pour laquelle, les plus riches du monde auraient élus domicile pour passer leurs vacances, le racisme fédère apparement ces gens-là. Gustavia est cependant une petite ville très belle installée dans la topographie, ou se chevauchent une succession de toits rouges formant des espaces publics ombragés et de très belle qualité,

Nous sommes accueillis chez Jacques Samani, un dans sa splendide maison avec piscine a débordement et vue à 270 degrés, la vue est exceptionnel, tout est d’un luxe inhabituel, nous nous sentons comme une bande de romano avec nos enfants qui font des bombes dans la piscine et qui la font évidemment déborder du mauvais coté! Saint-Barth est un cailloux, chaque maison est construite sur une réserve d’eau de pluie récoltée par son toit. Si l’eau vient à manquer le mètre cube est vendu 200$ et livré par mini camion-citerne depuis le port. L’électricité est produite par une géant groupe électrogène dépendant donc de la livraison du pétrole. Une coiffeuse propose un brushing à 300$ et peu avoir un pourboire de 250$. Autant vous dire que Saint-Bath est l’ile des excès de la sociétè capitaliste, où les plus riches sont venus s’isolé de la masse et s’exonérer du poids de la société et de ses impôts. Un passage rapide, nous suffit. Cap au sud pour Saint-Kitts et Nevis.

Une superbe nav qui nous réconcilie avec les canaux, nous sommes au travers, visons Statia, une ile volcanique et avançons à 8 nœuds. Nous longeons ensuite Saint-Kitts sous le vent pour voir apparaitre l’ile ronde de Nevis dominé par son volcan et son nuage.

Nevis

Nevis, je vais vous la faire courte parce qu’il n’y a pas grand-chose à raconter. Mis à part la rencontre avec Monique la dame de la clearence mais ce chapitre je le laisse a Vincent. L’eau est chaude, le sable est blanc, bon comme partout aux Antilles. Il y a cependant un très beau volcan qui domine cette grande plage mais les gens ne sont franchement pas accueillant et nous ne faisons aucune rencontre. Les espaces publics sont grillagés, et morceller, de sorte que la promenade est rendu presqu’impossible. Le fossé est immense encore une fois entre la population locales et les touristes occidentaux qui viennent buller à la plage et faire du manège sur l’eau (ski nautique, « fusée » aquatique…). Nous squattons deux transat une après midi et déposons discrètement notre poubelle à coté de la piscine à bulle, encore cette petite sensation grisant d’être le romano, mais si libre!

Nous achetons nos fruit et légumes au marché local, ca c’est le bon coté des choses et dégustons pour noël notre première bonnite accompagné d’un punch au jus de maracuja frais, miam.

Antigua

Ahhh, Antigua, notre très gros coup de coeur. L’île est grande, variée et super invitante. Nous longeons la cote sous le vent et avons envie de s’engouffrer dans toutes les baies que nous dépassons. Nous allons un peu vite droit au but dans un magnifique lagon fermé par la barrière de corail au Vent (ce qui nous vaut un A/R à Jolly Harbour pour aller faire la clearence le lendemain).

Nous atterrissons donc pour notre première escale à Great Bird Island. En quelques mots parce que rien ne pourrait résumer cet endroit si idyllique : des raies, de l’eau translucide, un horizon à 360 degrés et du corail. Et en plus des copains, les Freestyle, une première famille rencontré avec 3 enfants de 6 à 9 et donc des bons apéro-sunset partagé pendant que les enfants font des plongeons autour du bateau.

Jolly Harbour, un air de bay d’Along miniature prologé d’un port naturellement découpé m’évoquant la Hollande avec des centaine de maison donnant sur l’eau et son ponton.

English Harbour, la mecque du yachting à l’anglaise, un abris naturel fortifié par les anglais en 1750 et restauré il y a 20 ans, une beauté de la pierre mélé au paysage.

Trois décors si différents sur une même île, nous pourrions y rester encore plusieurs semaines, mais l’appel du large ce fait sentir nous larguons les ammares le 2 janvier. cap sur la Guadeloupe!

Bonne année à tous!

Ça fait une dizaine de jour que j’essai de poster cet article… Manque de connexion, vent, manque de 220v… Bref, les news arriverons en décalées selon les aléas des connexions possibles (avec plus ou moins de photos…)! Nous avons donc bien avancé depuis et nous sommes en Guadeloupe.

Iguanes, requins et péliquans…

En voyage, on rencontre des habitants des îles et des familles qui comme nous habitent sur l’eau pendant plusieurs mois ou années. Mais ce n’est pas tout, on rencontre aussi… des animaux ! En quinze jours de voyage, nous avons déjà croisé des dizaines d’espèces étonnantes, dont on on a très envie de vous parler.

A Saint Martin et a St Barth’, on a vu des tortues marines, les tortues imbriquées.

C’est une espèce en voie de disparition que nous avons pu observer du bateau quand elles remontent à la surface pour respirer. Certains d’entre nous ont eu la chance de nager avec l’une d’entre elles. Quelle grâce, quand elles palment avec leurs pattes, c’est un spectacle extraordinaire !


Dessin de Marin, les fonds de la pointe Colombier


Nous avons aussi vu des tortues terrestres, au moins cinq, évoluer en liberté sur un sentier dans la réserve naturelle de Pointe Colombier au nord-est de St Barth. Ce sont des tortues charbonnières. Leurs écailles sont vertes à l’extérieur et orangées à l’intérieur.

Entre Friar’s Bay et Happy Bay, on a fait la balade des iguanes ! D’abord, on en a aperçu un énorme, de un mètre de long, sur un gros caillou, il était orange et blanc. On a compris que plus ils sont âgés, plus ils sont marrons. Au cours de cette balade, on a vu des arbres morts, brûlés par le sel suite à l’ouragan Irma qui a ravagé l’île en 2017. Les iguanes se confondaient avec la couleur de ces troncs morts. Ils ne bougeaient pas et semblaient se camoufler et apparaître les uns après les autres, plus on s’approchait d’eux !

Les premiers oiseaux que nous avons vu sont des frégates, au mouillage de Marigot. Ils sont noirs, pas beaux, on dirait des chauve-souris et leurs ailes sont en forme de W.

Marin : « Les frégates, c’est comme des rapaces de mer. Elles planent et tout à coup elles piquent sur leur proie. »

Au port de Gustavia, on a vu des pélicans bruns posés sur des bateaux de pêcheurs. Ils ont sous le bec une grande poche qui leur permet de stocker les poissons qu’ils pêchent, qu’ils peuvent ensuite apporter à leurs bébés.

A Nevis, on a pu les observer planer au ras de l’eau puis s’élever à dix mètres de hauteur, faire une pause et fondre à la verticale, bec en avant, sur la sardine ou l’anchois qu’ils avaient repéré.

En navigation entre St Barth et St Kitts, un couple de fous de bassan nous a suivi pendant une bonne heure ! On était au travers, Fanette pense que ça a son importance. Les oiseaux blancs et noirs tournoyaient autour de nos voiles, au rythme des vagues et des mouvements du bateau. 

Au cours de la même navigation, Vincent a pêché une bonite d’environ 4,5 kilos ! C’est un poisson de la famille du thon, qui évolue en bancs. Nous étions bien contents et nous sommes régalés pendant cinq repas : carpaccio de bonite pour le réveillon de Noël, 

A St Barth, au mouillage de l’anse Colombier, Fanette est revenue précipitamment de sa baignade en nous disant qu’elle avait vu un couple de requins. Nous ne l’avons pas pris au sérieux, à part Marin et Lou. Elle avait raison !!! Nous avons tous pu les observer car ils avaient élu domicile sous notre coque, où ils sont restés pendant deux jours. Il s’agissait de requins nourrice fauve, d’au moins un mètre de long, une espèce inoffensive mais néanmoins assez inquiétante.

Avec nos palmes masques et tubas, on a vu une rascasse volante, aussi appelée poisson-lion. Très impressionnante et très belle, mais on a découvert qu’il s’agissait d’un prédateur redoutable, qui envahit les océans et est à l’origine de la disparition de nombreuses autres espèces.

On a aussi vu des poissons volants, des étoiles de mer, des barracudas, des poissons trompettes, des poissons-anges et plein d’autres poissons tropicaux 🐠 !

Raie léopard suivi par Mag à Pointe Colombier
Équipage agrandi pour les vacances de Noël avec Mag, la cousine de Steph

Encore 3 mois de voyage pour découvrir d’autres espèces, à suivre…!

Steph au dessin, Vincent le radar à tortues, Marin l’illustrateur, Lou le petit curieux et Magali à la rédaction

Premiers bords …!

Ça y est, on y est…!

Vol avec escale check, bateau trouvé dans la marina, clefs cachées dans le premier pli de la grand voile trouvées, avitaillement fait en moins de 3 heures au Super U de Marigot, manoeuvre au port par 25 noeuds de vent, ancre mouillée dans 3 m d’eau et toujours 25 noeuds avec des rafales jusqu’à 38noeuds. Le marathon de l’arrivée fait en 36 heures, ouf, puis prise en main du navire par toute la famille.

Le premier soir, parents débordés, bateau complètement en vrac, les enfants vont se coucher avant de manger…! Le deuxième soir, les choses rentrent plus ou moins dans l’ordre, disons qu’on arrive à boire l’apéro et les enfants vont se coucher (encore une fois avant le diner…!) et dès le troisième jour nos petits rituels s’installent. Ecole au bateau 2h le matin, préparation du pain (Merci Claire et Doudou pour le levain), cuisine, baignade, plage, baignade et rebaignade, tété, bain de Timaël suivi de lessive de couche! La vie de famille sans contrainte extérieur autre que la météo et le rythme des matelots. Alors on prend le temps !

Bref, on tatonne, premier bord, premiers grains, premier bain, première plongée, on s’amarine calmement avec le soleil ( et la pluie) et donc plein d’arc en ciel!

Première nav, 5 miles, 20 noeuds, 3 ris, réglages familiales validés de Marigot à Anse Marcel.
Main à main

Et pendant ce temps, sur l’île à Saint-Martin, c’est le blocus contre la nouvelle lois sur la Protection des zones inondables, routes barrées, sirènes, et manifestations, on est bien en France!

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